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Site traitant de spiritualité librement.

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Opinions et textes sur certains aspects de la spiritualité. Comme toute oeuvre de l'esprit, ce blog est un avis qui n'engage que celui qui le publie.


Epictète ..suite

Publié par Epictète sur 17 Juin 2007, 18:58pm

Catégories : #Esprit

11. Ne va pas pour un oui pour un non écouter des lectures publiques. Mais, une fois dans l’auditoire, garde une attitude à la fois digne, tranquille et sans provocation.

12. S’il te faut rendre visite à quelqu’un, surtout s’il fait partie de ceux que l’opinion publique place aux sommets du pouvoir, demande-toi ce qu’auraient fait Socrate ou Zénon à ta place et tu n’auras plus le moindre doute sur la conduite à tenir en cette circonstance.

13. Lorsque tu te rends chez un personnage influent ; prévois qu’il ne sera pas chez lui, qu’on te fermera la porte au nez en la faisant claquer bien fort et qu’on ne se souciera pas de toi le moins du monde. Si, malgré tout, ton devoir te commande d’insister, vas-y et montre-toi à la hauteur des circonstances ; mais ne te dis jamais : « Le jeu n’en valait pas la chandelle. » C’est une réflexion vulgaire et d’un esprit esclave des choses extérieures.

14. Au cours de la conversation, abstiens-toi de t’étendre sur tes actions passées, sur les risques que tu as pris : car s’il t’est doux de te remémorer les dangers que tu as courus, le récit de tes aventures n’a pas les mêmes charmes pour les autres.

15. Évite également de faire rire : car non seulement cela peut facilement tomber dans la vulgarité, mais cela risque, en plus, de faire abandonner à tes interlocuteurs leur retenue envers toi.

16. Un autre terrain glissant, c’est quand on en vient à parler de choses obscènes. Quand cela se produit, si c’est possible, n’hésite pas à reprendre celui qui a commencé. Sinon, exprime au moins clairement, par ton silence, ta rougeur et ton air réprobateur, que cette conversation te déplaît.

 
XXXIV

Quand il te vient l’envie d’un plaisir, comme pour les autres sortes de représentations, prends garde de ne pas céder à sa violence : laisse reposer la chose et accorde-toi un délai, songe à ces deux instants : celui où tu goûteras le plaisir et celui où, après y avoir goûté, tu en auras le regret et t’insulteras toi-même tout bas. Oppose à cela la joie que tu éprouveras et les louanges que tu t’adresseras, si tu t’abstiens. Si tu trouves opportun de passer à l’acte, fais attention de ne pas succomber à la douceur agréable et séduisante de la chose. Imagine, pour y résister, combien précieuse est la conscience d’avoir remporté cette victoire-là.

 
XXXV

Lorsque tu en arrives à la conclusion qu’il faut faire une chose, fais-la, et ne cherche pas à t’en cacher même si les gens risquent d’en penser du mal. Car ou bien tu as tort d’agir ainsi, et il ne fallait pas le faire, ou bien tu as raison, et tu n’as pas à craindre les reproches injustifiés.

 
XXXVI

De même que les phrases « il fait jour » et « il fait nuit » ont une grande valeur en tant que propositions disjointes, mais ne veulent rien tire si on les joint, de même, choisir la plus grosse part, si c’est valable du point de vue du corps, quand il s’agit de sociabilité, tans un banquet, cela n’est pas bien. Donc, quand tu dînes avec quelqu’un, ne considère pas seulement la valeur des plats pour le corps, veille aussi à respecter ton hôte.

 
XXXVII

Si tu te lances dans une entreprise qui dépasse tes forces, non seulement tu te conduis comme un idiot, mais tu négliges d’accomplir ce qui était dans tes possibilités.

 
XXXVIII

Tout comme tu fais attention, en te promenant, à ne pas marcher sur un clou et à ne pas te tordre la cheville, fais attention aussi à ne pas faire de mal à ce qui dirige ton âme. En gardant cette nécessité à l’esprit au seuil de chaque entreprise, nous ferons plus sûrement ce que nous avons à faire.

 
XXXIX

Le corps est pour chacun la mesure des richesses, comme le pied est celle de la chaussure. Si tu t’en tiens à ce critère, tu garderas la mesure. Mais si tu vas au-delà, tu seras forcément entraîné comme du haut d’une falaise. Pour la chaussure, si tu vas au-delà des besoins du pied, tu la voudras couverte d’or, puis teinte en pourpre, puis brodée. Une fois qu’on a passé la mesure, il n’y a plus aucune limite.

 
XL

Dès qu’elles ont passé quatorze ans, les hommes appellent les femmes maîtresses. Elles, voyant que leur unique intérêt est de coucher avec eux, commencent à se maquiller et mettent en cet art toutes leurs espérances. Il faut donc leur faire comprendre que leur seule gloire est de donner à tous l’image d’une vie réglée et d’une âme pudique.

 
XLI

C’est la marque d’un naturel débile que de s’attarder aux choses du corps, comme de passer trop de temps à prendre de l’exercice, à manger, à boire, à faire ses besoins, à copuler. Tout cela, il faut le faire comme en passant ; c’est sur notre jugement que nous devons porter toute notre attention.

 
XLII

Face à quelqu’un qui te fait du tort par sa conduite ou ses propos, souviens-toi que s’il agit ainsi, c’est qu’il pense avoir raison. Il ne lui est pas possible de régler sa conduite sur ta façon de penser : c’est la sienne qui le guide, et, si elle est erronée, il se fait du tort à soi-même en demeurant dans son erreur. En effet, si une vérité complexe passe pour un mensonge, ce n’est pas la complexité qui est en faute, mais bien celui qui se trompe. En te fondant sur ce principe, tu garderas ton sang-froid face à ceux qui t’insultent : chaque fois, tu n’auras qu’à te dire : « C’est ce que lui pense. »

 
XLIII

Toute chose a deux poignées : l’une permet de la porter, l’autre non. Si ton frère te fait du tort, ne prends pas cela en te disant qu’il te fait du tort (c’est le côté impossible à porter), dis-toi plutôt que c’est ton frère, ton compagnon, tu prendras ainsi la chose du côté où l’on peut la porter.

 
XLIV

Il n’est pas logique de dire : « Je suis plus riche que toi, donc je vaux mieux que toi » ; « Je parle mieux que toi, donc je vaux mieux que toi. » Ce serait bien plus logique de dire : « Je suis plus riche que toi, donc ma fortune vaut mieux que la tienne » ; « Je parle mieux que toi, donc mon éloquence vaut mieux que la tienne. » Car tu n’es ni ta fortune ni ton éloquence.

 
XLV

Un tel se lave vite : ne dis pas qu’il se lave mal, mais qu’il se lave vite. Si un autre boit beaucoup de vin, ne le traite pas d’ivrogne, dis simplement qu’il boit beaucoup. En effet, qu’en sais-tu, avant d’avoir pesé leurs raisons ? De cette façon, tu éviteras, devant ce que tu te représentes d’un objet, de lui donner une autre représentation.

 
XLVI

Où que tu te trouves, ne te présente jamais comme philosophe. Ne parle pas longuement, devant des profanes, des principes de la philosophie, agis plutôt suivant ces principes. Par exemple, dans un banquet, ne dis pas comment on doit manger, mange seulement comme il faut. Souviens-toi de Socrate : il s’était si bien débarrassé de toute envie de briller que, lorsqu’on venait le trouver pour se faire présenter à des philosophes, c’était lui qui conduisait les gens, tant il lui était égal d’être méconnu. Si, dans une assemblée de profanes, la conversation tombe sur un principe philosophique, d’une manière générale, abstiens-toi d’intervenir : tu risquerais fort de recracher des bribes de savoir mal digéré. Si un jour on te dit que tu ne sais rien, et que tu n’en es pas mortifié, sache que tu es en bonne voie. Ce n’est pas en lui mettant l’herbe sous le nez que les moutons montrent au berger qu’ils ont bien mangé ; c’est à leur laine et à leur lait qu’on s’en aperçoit, après qu’ils ont digéré leur nourriture ; eh bien, fais de même : ne va pas mettre sous le nez des profanes les principes de la philosophie, fais-leur en voir les effets quand tu les as digérés.

 
XLVII

Si tu te contentes de peu pour les besoins du corps, ne va pas en faire parade. Si tu ne bois que de l’eau, ne va pas dire à tout propos : « Je ne bois que de l’eau. » Si un jour tu décides de t’entraîner à supporter la douleur, fais-le en privé et non devant tout le monde. N’embrasse pas les statues. Si tu as trop soif, prends de l’eau fraîche dans ta bouche et recrache-la sans rien dire à personne.

 
XLVIII

1. Attitude et caractère de l’homme ordinaire : il n’attend rien, en bien ou en mal, de soi-même, et tout des circonstances extérieures. Attitude et caractère du philosophe : il attend tout, en bien comme en mal, de soi-même.

2. Signes distinctifs de l’homme en progrès : il ne blâme personne, ne loue personne, ne reproche rien à personne, n’accuse personne ; il ne dit jamais rien qui tende à faire croire qu’il sait quelque chose ou qu’il est quelqu’un. En cas d’échec ou d’obstacle, il ne s’en prend qu’à soi-même. S’il reçoit des éloges, il rit en secret de celui qui les fait ; si on le critique, il ne cherche pas à se défendre. Il marche comme les malades, attentif à ne pas brusquer le membre en voie de guérison tant qu’il n’est pas cicatrisé.

3. Tout désir, il l’a écarté de lui ; quant à l’aversion, il est entraîné à n’en éprouver que pour ce qui, tout en dépendant de nous, est contraire à la nature. Ses inclinations, quel qu’en soit l’objet, sont modérées. S’il passe pour stupide ou ignorant, il n’en a cure. En un mot, le seul ennemi qu’il ait à redouter, c’est lui-même.

 
XLIX

Si quelqu’un se vante de comprendre et d’expliquer les écrits de Chrysippe, dis-toi que, si Chrysippe n’avait pas écrit dans un style obscur, celui-là n’aurait pas eu de quoi se vanter. Mais moi, qu’est-ce que je cherche ? A connaître la nature afin de la prendre pour guide. Je cherche donc un homme qui puisse m’expliquer la nature. J’entends dire que Chrysippe est cet homme : je vais le trouver, et je ne comprends rien à ses écrits : je cherche alors quelqu’un pour me les expliquer. Jusque-là, rien qui mérite le respect. Quand j’ai trouvé cet interprète, il me faut me conformer aux principes énoncés : c’est cela qui mérite le respect. Mais si c’est seulement l’explication de texte que j’admire, ne serais-je pas, plutôt que philosophe, devenu un grammairien qui gloserait Chrysippe au lieu d’Homère ? Il y aurait de quoi rougir si, lorsqu’on me dit : « Apprends-moi à lire Chrysippe », je n’étais pas en mesure de montrer une conduite semblable et conforme à ses écrits.

 
L

Une fois que tu t’es fixé des buts, tu dois t’y tenir comme à des lois qu’on ne peut transgresser sans impiété. Et quoi que l’on dise de toi, n’y prête pas attention : cela ne te concerne plus.

 
LI

1. Combien de temps encore vas-tu attendre pour t’estimer digne des plus grands biens, et cesser enfin d’enfreindre la règle qui doit déterminer ta vie ? Tu connais les principes qui doivent fonder ta réflexion ; c’est assez réfléchi ! Quel maître attends-tu, à présent, pour te décharger, sur lui, du soin de ton progrès moral ? Tu n’as plus quinze ans, tu es un homme mûr. Si désormais tu te montres négligent, si tu prends les choses à la légère, si tu continues à échafauder projet sur projet en reculant sans cesse le jour où tu devras enfin prendre soin de ta vie, tu ne feras aucun progrès, et, sans t’en rendre compte, tu finiras par vivre et mourir comme un homme ordinaire.

2. Décide donc tout de suite de vivre en adulte résolu à progresser. Que tout ce qui te semble le meilleur te soit une loi incontournable. En présence de quelque tâche pénible ou agréable, glorieuse ou honteuse, dis-toi que tu dois te lancer ; que les Jeux olympiques sont ouverts ; que tu ne peux plus tergiverser et qu’en un seul jour une seule action peut anéantir ou confirmer ton progrès moral.

3. C’est ainsi que se comportait Socrate qui n’écoutait, en toutes circonstances, que la règle dictée par la raison. Pour toi — même si tu n’es pas encore Socrate — vis au moins en t’efforçant de l’imiter.

 
LII

1. Le premier domaine de la philosophie et le plus indispensable, c’est la mise en pratique des principes, comme, par exemple, l’interdiction de mentir. Le second concerne les démonstrations : pourquoi il ne faut pas mentir, par exemple. Le troisième concerne l’établissement et l’articulation de ces démonstrations : ce qui explique, par exemple, qu’on est en présence d’une démonstration ; ce que sont une démonstration, une déduction, le vrai, le faux. Par conséquent, le troisième domaine est indispensable pour accéder au second, comme le second pour accéder au premier.

2. Mais le plus indispensable, le terme de toute recherche, c’est le premier. Seulement, nous faisons tout à l’envers : nous nous attardons au troisième, nous lui consacrons tous nos efforts en oubliant complètement le premier. Voilà pourquoi nous mentons sans cesse en étant prêts, cependant, à dégainer le raisonnement qui prouve qu’il ne faut pas mentir...

 
LIII

1. En toute occasion, rappelle-toi ces mots :

« Emmène-moi, ô, Zeus ! et toi, ô ! Destinée !

Où vous avez formé le voeu de me conduire.

Je vous suivrai sans peur. Mais si, par lâcheté,

Je résiste, je sais qu’il faut vous obéir. »

2. « L’homme qui cède dignement à la Nécessité,

On le nomme sage car il connaît les secrets des dieux. »

3. « Eh bien, Criton, si c’est là la volonté des Dieux, qu’il en soit ainsi. »

4. « Anytos et Mélétos peuvent me tuer, ils ne peuvent me nuire. »

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