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Site traitant de spiritualité librement.

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Opinions et textes sur certains aspects de la spiritualité. Comme toute oeuvre de l'esprit, ce blog est un avis qui n'engage que celui qui le publie.


Fragments

Publié par Héraclite d’Ephèse sur 17 Juin 2007, 07:47am

Catégories : #Esprit


Fragments


Héraclite d’Ephèse

 

1.           Or, au début de son livre : « De la Nature », montrant en quelque sorte le monde qui nous entoure, il dit :

Quant à ce logos qui est éternellement, les hommes sont éternellement incapables de le comprendre, aussi bien avant d’en avoir entendu parler, qu’après en avoir entendu parler pour la première fois. Alors que tout arrive conformément à ce logos, il ressemblent à des gens sans expérience, quand ils s’exercent à des paroles et à des actes pareils à ceux que moi j’expose, distinguant chaque chose suivant sa nature et expliquant ce qu’il en est. Mais les autres hommes ignorent ce qu’ils font à l’état de veille, comme ils oublient ce qu’ils font en dormant.

 

Il montre expressément par là que c’est en participant au logos que nous faisons et connaissons tout. Il ajoute encore quelques mots et poursuit ainsi :

2.           Aussi faut-il suivre ce qui est commun. Le Logos est commun, et pourtant la multitude vit comme si chacun avait sa propre intelligence.

3.           (Le soleil) a la largeur d’un pied d’homme.

4.           Si le bonheur consistait dans les plaisirs du corps, nous dirions heureux les bœufs, quand ils trouvent des pois à manger.

5.           En vain tente-t-ils de se purifier en se souillant d’un nouveau sang, comme quelqu’un qui, tombé dans la boue, voudrait se nettoyer avec de la boue. Il paraîtrait insensé à quiconque le verrait agir ainsi. Et encore ces statues qu’ils prient, comme si l’on bavardait avec des maisons. Ils ne savent rien de la vraie nature des dieux et des héros.

6.           Le soleil n’est pas seulement chaque jour nouveau comme le dit Héraclite, mais toujours nouveau continuellement.

7.           Si toutes choses devenaient fumée, on les discernerait avec les narines.

8.           Ce qui est taillé en sens contraire s’assemble ; de ce qui diffère naît la plus belle harmonie ; tout devient par discorde.

9.           Les ânes préféreraient la paille à l’or ; pour les ânes, leur nourriture est plus agréable que l’or.

10.       Unions : entiers et non-entiers, convergence et divergence, accord et désaccord des voix, enfin de toutes choses une et d’une toutes.

11.       Tout ce qui rampe reçoit sa part de coups.

12.       Ceux qui descendent aux mêmes fleuves, des eaux toujours nouvelles les baignent. Et les âmes s’exhalent de l’humide.

13.       Il ne faut pas que l’homme bien élevé soit malpropre, ni se salisse, ni se réjouisse dans la fange. Les cochons sont heureux dans la fange.

14.       Pour qui prophétise Héraclite ? Pour les noctambules, les magiciens, les bacchants, les ménades, les mystes. Ce sont eux qu’il menace de l’outre-tombe, c’est pour eux qu’il prophétise le feu. Car il n’est rien de sacré dans leur initiation aux mystères célébrés parmi les hommes.

15.       Si ce n’était pour Dionysos qu’ils mènent le cortège et chantent l’hymne phallique, ils commettraient l’action la plus honteuse. Mais Haidès et Dionysos c’est le même pour qui ils sont en délire et célèbrent les bacchanales.

16.       On peut se cacher de la lumière sensible, mais de l’intelligence c’est impossible, ou, comme dit Héraclite : qui pourrait se cacher du feu qui ne se couche pas ? Ne nous couvrons absolument pas d’ombre…

17.       Beaucoup de gens n’envisagent pas les choses telles qu’elles sont, si nombreux qu’ils soient à si heurter ; quand ils apprennent, ils ne comprennent pas, ils se l’imaginent.

18.       Qui n’espère pas, n’atteindra pas l’inespéré qui est introuvable et inaccessible.

19.       Ces gens qui ne savent ni écouter ni parler.

20.       Héraclite semble prendre la naissance pour un malheur. Ne dit-il pas : une fois nés, ils veulent vivre et subir la mort, ou plutôt se reposer, et ils laissent des enfants qui subiront la mort.

21.       Héraclite appelle la naissance mort. Mort, c’est ce que nous voyons éveillé, sommeil, ce que nous voyons en dormant.

22.       Les chercheurs d’or remuent beaucoup de terre et trouvent peu d’or.

23.       On ne saurait même pas le nom de la justice s’il n’y avait pas d’injustices.

24.       Ceux qui sont morts dans les combats, les dieux et les hommes les honorent.

25.       De plus grandes morts obtiennent de plus grandes destinées.

26.       L’homme dans la nuit s’allume pour lui-même une lumière, mort et vivant pourtant. Dormant, il touche au mort, les yeux éteints, éveillé, il touche au dormant.

27.       Ce qui attend les hommes après la mort, ce n’est ni ce qu’ils espèrent ni ce qu’ils s’imaginent.

28.       C’est ce qui apparaît croyable que connaît et retient l’homme de plus haute réputation. Mais la justice atteindra artisans et témoins de mensonges.

29.       Il est une chose que les meilleurs préfèrent à tout : la gloire éternelle aux choses périssables ; mais la foule trouve la satiété à la façon des bêtes.

30.       Ce monde-ci, dans son ordre, le même pour tous les êtres, aucun des dieux ni des hommes ne l’a fait, mais il a toujours été, et il est, et il sera, feu toujours vivant, qui s’allume avec mesure et s’éteint avec mesure.

31.       Métamorphoses du feu : d’abord la mer, de la mer la moitié devient feu, l’autre moitié trombe. Cela veut dire que, par sa puissance, le feu, par le logos et dieu qui régit tout, se transforme à travers l’air en humide, qui est le germe de la formation du monde et qu’il appelle mer. C’est d’elle ensuite que naissent la terre, le ciel et ce qu’ils contiennent. Comment le monde est ramené au point de départ et consumé par le feu, c’est ce qu’il explique clairement ainsi : la mer se liquéfie et est mesurée par la même proportion que celle qui existait avant que ne fût la terre.

32.       L’un, la sagesse unique, refuse et accepte le nom de Zeus.

33.       La loi, c’est encore d’obéir au vouloir de l’un.

34.       Ils entendent sans comprendre et sont semblables à des sourds. A eux s’applique le proverbe : présents, ils sont absents.

35.       Il faut que les philosophes soient experts en beaucoup de choses.

36.       Pour les âmes, mourir, c’est se changer en eau, pour l’eau, c’est devenir terre. Et de la terre vient l’eau, et de l’eau vient l’âme.

37.       Les cochons se lavent dans la fange, les oiseaux de basse-cour dans la poussière ou la cendre.

38.       Thalès, le premier astronome.

39.       A Priène vécut Bias, fils de Teutamès, dont le logos dépasse celui des autres.

40.       Savoir beaucoup de choses n’apprend pas l’intelligence. Sinon, il l’aurait appris à Hésiode et Pythagore, aussi bien qu’à Xénophane et Hécatée.

41.       La sagesse consiste en une seule chose : être familier de la pensée qui gouverne le tout par le moyen du tout.

42.       Homère méritait d’être chassé des jeux et battu de verges et Archiloque également.

43.       Il faut éteindre la démesure plus qu’un incendie.

44.       Il faut que le peuple combatte pour sa loi comme pour ses murailles.

45.       Les frontières de l’âme, tu ne saurais les trouver, tes pas même épuiseraient-ils les routes, tant elle a un profond logos.

46.       Il nommait la présomption maladie sacrée et la vue tromperie.

47.       Ne faisons pas de conjectures hasardeuses sur les plus grands sujets.

48.       Le nom de l’arc est vie, son œuvre mort[1].

49.       Un seul homme en vaut pour moi dix mille, s’il est le meilleur.

    49a. Nous descendons et nous ne descendons pas dans le même fleuve, nous sommes et nous ne sommes pas.

50.       A l’écoute, non de moi-même, mais du Logos, il est sage de reconnaître que tout est un.

51.       Ils ne savent pas comment le discordant s’accorde avec soi-même ; accord de tensions inverses, comme dans l’arc et la lyre.

52.       Le temps est un enfant qui pousse des pions : royauté d’un enfant.

53.       Le conflit est père de toutes choses et roi de toutes choses ; dans les uns il révèle des dieux, dans les autres des hommes, des uns il les fait des esclaves, des autres des hommes libres.

54.       Une harmonie invisible est supérieure à l’harmonie visible.

55.       Ce qu’on peut voir, entendre, apprendre, je le préfère.

56.       Les hommes se trompent sur la connaissance du monde visible, un peu comme Homère qui fut pourtant plus sage que tous les Grecs ensemble. Des enfants, occupés à tuer des poux, le trompèrent en lui disant : ce que nous voyons et prenons, nous l’emportons.

57.       La foule a pour maître Hésiode. Ils sont persuadés qu’il savait presque tout, lui qui ne connaissait ni le jour ni la nuit. Et c’est tout un.

58.       Bien et mal sont un. Les médecins taillent, brûlent, et torturent de toutes façons les malades. Ils se plaignent de ne pas recevoir des malades, pour ce faire, le salaire qu’ils méritent. Le bien obtenu est comme la maladie.

59.       Chez le foulon, la route droite et courbe est une et la même.

60.       La route vers le haut et le bas est une et la même.

61.       L’eau de la mer est la plus pure et la plus polluée. Pour les poissons, potable et salutaire, pour les hommes imbuvable et mortelle.

62.       Immortels, mortels ; mortels, immortels ; notre vie est leur mort, et notre mort leur vie.

63.       Il parle encore d’une résurrection de la chair, cette chair visible, dans laquelle nous sommes nés, et il sait que Dieu est la cause de cette résurrection, il parle ainsi : Devant celui qui est là-bas, ils se lèvent et deviennent les gardiens vigilants des vivants et des morts.

64.       Il dit aussi qu’il y aura un jugement du monde et de tout ce qu’il contient, par le feu. Il parle ainsi : la foudre gouverne l’univers, c’est-à-dire le dirige. Il désigne par l’éclair le feu éternel.

65.       Il dit encore que ce feu est doué de pensée et cause du gouvernement de l’univers, il le nomme indigence et satiété. Indigence est selon lui la formation du monde, satiété, la conflagration universelle.

66.       Tout sera jugé et dévoré par le feu qui vient.

67.       Dieu est jour et nuit, hiver et été, guerre et paix, satiété et faim ; mais il change comme le feu, quand il est mélangé d’aromates est nommé suivant le parfum de chacun d’eux.

    67a. Comme l’araignée au centre de sa toile, dès qu’une mouche a rompu un fil, s’en aperçoit et y court bien vite, comme désolé de la rupture, ainsi l’âme de l’homme, quand une partie du corps est blessé, y court à la hâte, comme incapable de supporter la blessure du corps, auquel elle est liée fortement et harmonieusement (proportionaliter).

68.       Héraclite a raison de dire que les mêmes remèdes guérissent les grands maux et libèrent les âmes des malheurs qu’elles trouvent dans la génération.

69.       Je distingue deux sortes de sacrifice : ceux des hommes absolument purifiés, sacrifices tels qu’il se trouverait rarement un homme pour les accomplir, comme dit Héraclite, ou qui sont le fait d’un petit nombre d’hommes ; et les sacrifices matériels.

70.       Il nommait jeux d’enfants les croyances humaines.

71.       Il faut aussi se souvenir de celui qui oublie où mène le chemin.

72.       Ce logos, avec qui ils sont dans le plus continuel contact, qui régit toute choses, ils s’en séparent, et ce sont les choses qu’ils rencontrent tous les jours qui leur paraissent étrangères.

73.       Il ne faut pas agir et parler comme des dormeurs, car en dormant aussi nous croyons agir et parler.

74.       Il ne faut pas agir en enfants des ancêtres, c’est-à-dire, tout uniment, en suivant la tradition.

75.       Héraclite dit, il me semble, que les dormeurs sont artisans et collaborateurs des évènements du monde.

76.       Le feu vit la mort de la terre et l’air vit la mort du feu, l’eau vit la mort de l’air, la terre de l’eau. (Mort du feu, genèse de l’air, mort de l’air, genèse de l’eau.) (La mort de la terre engendre l’eau, la mort de l’eau engendre  l’air et celle de l’air, le feu. Et inversement.)

77.       Pour les âmes, c’est plaisir ou mort que devenir humides. Pour elles, le plaisir est la chute dans la génération. Mais il dit d’autre part : la vie pour nous, c’est leur mort, la vie pour elles, c’est notre mort.

78.       Le caractère humain n’a pas de pensées, le divin en a.

79.       Marmot ! L’homme s’entend appeler ainsi par le génie (daimôn), comme l’enfant par l’homme.

80.       Il faut savoir que le conflit est communauté, la discorde justice, tout devient par discorde et par nécessité.

81.       L’enseignement de la rhétorique, avec tous ses préceptes tendus vers ce but est, comme le dit Héraclite, un bréviaire d’escrime.

82.       Le plus beau singe est laid, comparé à un homme.

83.       Le plus sage des hommes sera comme un singe devant dieu, pour la sagesse, pour la beauté, pour tout.

84.       (Le feu) se repose en changeant.

    84b. C’est fatigue de peiner pour les mêmes et de servir les mêmes.

85.       Il est dur de lutter contre son cœur, car ce qu’on désire s’achète à prix d’âme.

86.       La plupart des choses divines échappent à la connaissance à cause de l’incrédulité.

87.       Il est dans les mœurs d’un sot de s’extasier de toute parole.

88.       C’est la même chose d’être ce qui est vivant et ce qui est mort, éveillé ou endormi, jeune ou vieux ; car par le changement, ceci est cela, et par le changement, cela est à son tour ceci.

89.       Pour ceux qui sont éveillés, il n’est qu’un seul monde commun, chacun de ceux qui s’endorment retourne à son monde propre.

90.       De toutes choses il y a échange contre le feu, et du feu contre toutes choses, comme des marchandises contre de l’or et de l’or contre des marchandises.

91.       On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve, ni toucher deux fois une substance périssable dans le même état, car par la promptitude et la rapidité de sa transformation, elle se disperse et se réunit à nouveau, ou plutôt, ni à nouveau, ni après, c’est en même temps qu’elle se rassemble et qu’elle se retire, qu’elle survient et s’en va.

92.       D’une bouche inspirée, la sibylle fait entendre des paroles sans agréments, sans parure et sans fard, à travers des millénaires, par la vertu du dieu.

93.       Me roi dont l’oracle est à Delphes, ne parle pas, ne dissimule pas, il indique.

94.       Le soleil ne franchira pas ses limites, sinon les Erinnyes, auxiliaires de la Justice, sauront bien le découvrir.

95.       Mieux vaut cacher son ignorance, mais c’est difficile dans le relâchement et l’ivresse. Il vaut mieux cacher son ignorance que l’étaler en public.

96.       Les cadavres sont plus à rejeter que le fumier.

97.       Les chiens aboient contre tous ceux qu’ils ne connaissent pas.

98.       Les âmes flairent dans l’Hadès.

99.       Sans le soleil, malgré les autres astres, il ferait nuit.

100.   Le soleil qui préside aux révolutions périodiques et les surveille, délimite, distribue, suscite et manifeste les métamorphoses et les saisons qui apportent tout.

101.   Je me suis cherché moi-même.

101a. Les yeux sont témoins plus exacts que les oreilles.

102.   Pour Dieu tout est bon et beau et juste ; les hommes tiennent certaines choses pour justes, les autres pour injustes.

103.   Sur la circonférence d’un cercle, le commencement et la fin se confondent.

104.   Quel est donc leur esprit, leur raison ? Ils font confiance aux chanteurs des rues et prennent pour maître la foule. Ils ne savent pas que la plupart des hommes sont mauvais et que peu sont bons.

105.   Homère était astrologue.

106.   C’est à bon droit qu’Héraclite blâme Hésiode d’avoir fait certains jours fastes, et de n’avoir pas su que tous les jours ont une seule et même nature. Chaque jour est comme tout autre jour.

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