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Site traitant de spiritualité librement.

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Opinions et textes sur certains aspects de la spiritualité. Comme toute oeuvre de l'esprit, ce blog est un avis qui n'engage que celui qui le publie.


Corpus Hermeticum

Publié par C2L sur 1 Juin 2007, 07:24am

Catégories : #Esprit

I Pymandre

1 Un jour que je réfléchissais aux choses essentielles et que mon cour s'élevait dans les hauteurs, toutes mes sensations corporelles s'engourdirent complètement comme celui qui, après une nourriture exagérée ou à cause d'une grande fatigue physique, est surpris par un profond sommeil.

2 Il me sembla alors voir un être immense, d'une ampleur indéterminée, qui m'appela par mon nom et me dit :
3 " Que veux-tu voir et entendre et que désires-tu apprendre et connaître en ton cour ?"


4 "Qui es-tu" lui dis-je.
5 "Je suis Pymandre," répondit-il, " le Noùs, l'être qui se suffit à lui-même. Je sais ce que tu désires et je suis partout avec toi."


6 Je lui dis : " Je désire être instruit des choses essentielles, saisir leur nature et connaître Dieu. Oh ! Comme je désire comprendre !"

7 Il répondit : " Garde bien dans ta conscience ce que tu veux apprendre et je t'instruirai."
8 À ces mots, il changea d'aspect et, à l'instant, tout me fut découvert ; j'eus une vision infinie ; tout devint une seule lumière, sereine et joyeuse, dont la contemplation me donna une félicité extrême.

9 Peu de temps après, dans une partie de cette lumière, des ténèbres effrayantes et lugubres descendirent et tournoyèrent en spirales sinueuses semblables à un serpent, me sembla-t-il. Puis ces ténèbres se transformèrent en une nature humide et indiciblement trouble, d'où s'éleva une fumée comme un feu, tandis qu'elle faisait entendre un bruit pareil à un gémissement indescriptible.

10 Enfin un cri fit écho, sortant de la nature humide, un appel inarticulé, que je comparai à la voix du feu, alors que de la lumière une parole sainte se répandait sur la nature humide et qu'en jaillissait un feu pur, subtil, véhément et puissant.

11 L'air, par sa légèreté, suivait le souffle du feu ; de la terre et de l'eau, il s'élevait jusqu'au feu de sorte qu'il y paraissait suspendu.
12 La terre et l'eau restaient où elles étaient, si étroitement mêlées qu'on ne pouvait les percevoir séparément, et continuellement mues par le souffle de la parole qui planait au-dessus d'elles.


13 Pymandre me dit : " as-tu compris ce que signifie cette vision ?"
14 " Je vais l'apprendre," répondis-je.
15 Alors il me dit : " Cette lumière, c'est moi, Noùs, ton Dieu, celui qui existait avant la nature humide issue des ténèbres. La Parole lumineuse qui émane du Noùs, c'est le Fils de Dieu."
16 " Que signifie cela ?" demandai-je.
17 "Comprends-le. Ce qui en toi voit et entend, c'est la parole du Seigneur, et ton Noùs est Dieu le Père ; ils ne sont pas séparés l'un de l'autre, car leur unité est vie."

18 " Je te remercie," dis-je.

19 " Élève ton cour vers la lumière, et connais-la."

20 À ces mots, il me regarda quelque temps en face de façon si pénétrante que je tremblai à son aspect.

21 Puis, quand il releva la tête, je vis dans mon Noùs la lumière, composée de forces innombrables, devenue un monde réellement illimité, tandis que le feu, investi et subjugué par une force toute puissante, était ainsi parvenu à l'équilibre.

22 Je distinguai tout ceci dans ma vision, grâce à la Parole de Pymandre. Comme j'étais tout entier hors de moi, il me dit encore :

23 "Tu as vu dans le Noùs la belle forme originelle de l'homme, l'archétype, le principe originel antérieur au commencement sans fin." Ainsi me parla Pymandre.

24 "D'où sont donc venus les éléments de la nature ?" demandai-je.

25 Il me répondit : " De la volonté de Dieu qui, ayant reçu en elle la parole et contemplé l'archétype du monde dans sa beauté, façonna sur ce modèle un monde ordonné à partir des éléments propres à ce monde et des âmes nées de Dieu.

26 Dieu, l'Esprit, en lui-même masculin et féminin, source de la lumière et de la vie, engendra d'une parole un second être spirituel, le Démiurge qui, en tant que Dieu du feu et du souffle, créa sept recteurs pour entourer de leurs cercles le monde sensible et le diriger parce qu'on nomme le Destin.

27 Sortant aussitôt des éléments agissant en bas, la parole de Dieu s'élança vers ce pur domaine de la nature fraîchement formée et s'unit au Démiurge auquel elle est identique.

28 Ainsi les éléments inférieurs de la nature furent-ils abandonnés à eux-mêmes et privés de raison, n'étant plus par là que simple matière.

29 Mais le Démiurge, uni à la parole, enserrant les cercles et leur imprimant une rotation rapide, mit en mouvement le cours cyclique des créatures, depuis un commencement indéterminé jusqu'à une fin sans fin, puisque la fin rejoint le commencement.

30 Selon la volonté de l'Esprit, cette rotation des cercles engendra, à partir des éléments déchus, des animaux dénués de raison (car la parole n'était plus au milieu d'eux) ; l'air produisit les animaux ailés ; l'eau, les animaux aquatiques.

31 Selon la volonté de l'Esprit, la terre et l'eau furent séparées et la terre fit sortir de son sein les animaux qu'elle renfermait : quadrupèdes, reptiles, animaux sauvages et domestiques.

32 L'Esprit, Père de tous les êtres, qui est vie et lumière, engendra un homme semblable à lui, dont il s'éprit comme de son propre enfant car, à l'image de son Père, il était d'une grande beauté. Dieu s'éprit donc en réalité de sa propre forme et lui livra toutes ses ouvres.

33 Mais quand l'homme eut observé la création formée dans le feu par le Démiurge, il voulut créer à son tour et le Père le lui permit. Alors, entrant dans le champ de création du Démiurge, où il devait avoir toute liberté de créer, il observa les oeuvres de son frère, tandis que les Recteurs s'éprenaient de lui et que chacun d'eux l'associait à son propre rang dans la hiérarchie des sphères.

34 Or dès qu'il connut leur essence et prit part à leur nature, il voulut franchir la limite des cercles et connaître la puissance de celui qui règne sur le feu.

35 Alors, souverain du monde des êtres mortels et des animaux dénués de raison, l'homme se pencha, traversa la force de cohésion des sphères, dont il avait déchiré les voiles et se montra à la nature inférieure dans la belle forme de Dieu.

36 Dès que la nature vit l'homme, qui unissait en lui l'inépuisable beauté et toutes les énergies des sept Recteurs sous l'aspect de Dieu, elle sourit d'amour en voyant se refléter dans l'eau les traits de cette forme merveilleusement belle et en apercevant son ombre sur la terre.

37 Et lui, apercevant dans l'eau de la nature le reflet de cette forme si semblable à lui, s'éprit d'amour pour elle et voulut habiter là. Ce qu'il voulut, il le fit à l'instant et vint habiter la forme privée de raison. La nature, recevant en elle son amant, l'étreignit tout entier et ils ne firent plus qu'un car le feu de leur désir était grand.

38 Voilà pourquoi, seul de toutes les créatures de la nature, l'homme est double, à savoir mortel selon le corps, et immortel, selon l'homme fondamental.

39 En effet, bien qu'immortel et souverain de toutes choses, l'homme subit néanmoins la condition des mortels, car il est soumis au destin. Donc, tout en provenant d'un domaine supérieur à la force de cohésion des sphères, cette force le tient en esclavage ; et tout en étant masculin-féminin parce qu'issu d'un Père masculin-féminin, et exempt de sommeil parce qu'issu d'un être exempt de
sommeil, il est néanmoins vaincu par la convoitise des sens et le sommeil.

40 Je lui dis : "O esprit qui est en moi, je suis moi aussi, épris de la Parole !"

41 Pymandre dit : " Ce que je vais te dire est le mystère resté caché jusqu'à ce jour. La nature, s'unissant à l'homme, procréa une merveille étonnante. L'homme avait en lui, je te l'ai dit, l'essence des sept Recteurs, à la fois masculins et féminins, à stature verticale."

42 Alors je m'écriai : " O Pymandre, je brûle maintenant d'un désir extraordinaire de t'entendre. Continue, je t'en prie !"

43 "Fais donc silence," dit Pymandre, " car je n'ai pas achevé mon premier discours !"

44 "Je me tais," répondis-je.

45 "Eh bien ! La génération de ces sept premiers hommes eut lieu, je te le disais, de la manière suivante : la terre fut la matrice, l'eau, l'élément générateur, le feu porta à maturité le processus de formation, et de l'éther la nature reçut le souffle de vie et engendra les corps selon la forme de l'homme.

46 Et l'homme issu de la vie et de la lumière, devint âme et esprit ; la vie devint âme, la lumière devint Noùs. Et tous les êtres du monde sensible demeurèrent ainsi jusqu'à la fin des cycles et jusqu'au commencement des espèces.

47 Écoute maintenant ce que tu désirais entendre. Ce cycle ayant pris fin, le lien qui unissait toutes choses fut rompu par la volonté de Dieu. Car tous les animaux qui étaient jusqu'alors à la fois masculins et féminins furent, comme l'homme, divisés selon deux genres, certains devenant mâles et d'autres femelles. Aussitôt Dieu exprima la Parole sainte : " Croissez en accroissant et multipliez en multitude, vous tous qui avez été créés et faits. Et que celui qui possède le Noùs sache qu'il est immortel et que la cause de la mort est l'amour du corps et de ce qui est terrestre.

48 Dieu ayant ainsi parlé, la providence unit les couples par le moyen du destin et de la force de cohésion des sphères, et établit la reproduction ; et tous les êtres se multiplièrent chacun selon son espèce ; et celui qui se reconnaît lui-même immortel est élu entre tous, tandis que celui qui aime le corps issu de l'erreur du désir, continu d"errer dans les ténèbres et doit souffrir l'expérience de la mort.

49 "Qu'elle est donc," m'écriai-je, "la faute si grave de ceux qui sont dans l'ignorance pour qu'ils soient privés de l'immortalité ?"

50 "Je crois que tu n'as pas réfléchi à ce que tu as entendu. Ne t'ai-je pas dit d'être attentif ?"

51 "Je réfléchis," dis-je, " maintenant je me souviens et je te remercie."

52 "Si tu as réfléchi, dis-moi pourquoi ceux qui sont dans la mort méritent de mourir."

53 "Parce que la source d'où procède leur corps est l'obscurité lugubre qui a produit la nature
humide, laquelle a constitué le corps dans le monde sensible, où la mort étanche sa soif."

54 "Tu as bien compris. Mais pourquoi celui qui s'est reconnu lui-même marche-t-il vers Dieu ?
Comme le dit la parole divine."

55 "Parce que " répondis-je, " le Père de toutes choses, de qui procède l'Homme, est lumière et vie."

56 "Oui, lumière et vie, tel est Dieu le Père, de qui procède l'homme. Si donc tu sais que tu viens de la vie et de la lumière et que tu es constitué de ces éléments, tu retourneras à la vie." Telles furent les paroles de Pymandre.

57 "Mais dis-moi encore ô mon Noùs, comment irai-je à la vie ? Car Dieu a dit : " Que l'homme qui possède le Noùs se reconnaisse lui-même." Les hommes n'ont-ils donc pas tous le Noùs ?"

58 "Veille à ce que tu dis ! Moi, Pymandre, Noùs, je ne vais que vers ceux qui sont saints, bons, purs et miséricordieux, vers ceux qui sont pieux ; ma présence leur est une aide afin qu'ils connaissent toutes choses à l'instant. Ils se rendent agréables au Père par leur amour, et le remercient par affection filiale et par les chants de louange qui lui sont dus. Avant qu'ils n'abandonnent leur corps à la mort, qui leur est inhérente, ils méprisent leurs sens parce qu'ils en connaissent trop bien les activités.

59 Oui, moi, Noùs, je ne permettrai pas que les activités du corps, qui les harcèlent, exercent sur eux leurs influences ; comme gardien des portes, en effet, j'introduirai l'entrée aux actions mauvaises et honteuses et j'extirperai les impies.

60 Je me tiens loin des insensés, des vicieux, des pervers, des envieux, des cupides, des meurtriers et des impies ; je les livre au démon vengeur qui les fustige avec l'aiguillon du feu, ce qui excite leurs sens et les arme ainsi davantage pour les actions impies en sorte d'aggraver encore leur châtiment. Aussi la convoitise de ces hommes cherche-t-elle sans cesse un plus grand
assouvissement et les rend-elle furieux dans les ténèbres sans que rien ne puisse les rassasier ; c'est en cela que réside leur torture et c"est cela qui augmente toujours plus la flamme qui les roussit.


61 "Tu m'as instruit sur toutes choses comme je le désirais, ô Noùs ! Mais apprends-moi encore de quelle manière évolue le chemin vers le haut."

62 Pymandre répondit : "Lors du processus de dissolution du corps matériel, celui-ci est d'abord abandonné au changement et sa forme visible disparaît ; tu abandonnes au Démon ton moi ordinaire, qui désormais est hors d'action ; les sens corporels retournent à leurs origines, dont ils feront de nouveau partie et aux activités desquelles ils s'intégreront, tandis que les pulsions de la passion et du désir retourneront à la nature dénuée de raison.

63 Ainsi l'homme s'élève à travers la force de cohésion des sphères ; au premier cercle, il abandonne la force de croître et de décroître ; au deuxième cercle, l'habilité dans le mal et la ruse devenue impuissante ; au troisième cercle, l'illusion désormais sans force des désirs ; au quatrième cercle, la vanité de dominer, qui ne peut plus être satisfaite ; au cinquième cercle, l'audace impie et
l'irréflexion insolente, au sixième cercle, l'attachement aux richesses ; au septième cercle, le mensonge et ses pièges.

64 Ainsi dépouillé de tout ce qui provient de la force de cohésion des sphères, il entre, ne possédant plus que sa force propre, dans la huitième nature ; avec tous les êtres présents il chante des hymnes à la louange du Père, et tous se réjouissent avec lui de sa présence.

65 Devenu semblable à eux, il entend aussi certaines puissances, au-dessus de la huitième nature, chanter ensemble des hymnes à la louange de Dieu. Alors ils montent tous en ordre précis vers le Père, s'abandonnent aux puissances et, devenues puissances à leur tour, ils entrent en Dieu. Telle est la bonne fin pour ceux qui possèdent la Gnose : devenir Dieu.

66 Mais pourquoi tardes-tu maintenant ? Puisque tu as tout reçu de moi, n'iras-tu pas vers ceux qui en sont dignes pour leur servir de guide, afin que, par ta médiation, Dieu sauve le genre humain ?

67 Pymandre, ayant ainsi parlé, se mêla sous mes yeux aux puissances. Et moi, dès lors revêtu de force et instruit de la nature de l'univers et de la vision sublime, je remerciai et louai le Père de toutes choses. Puis je commençai à prêcher aux hommes la beauté de la Gnose et de la vie tournée vers Dieu.

68 "O peuples, hommes nés de la terre, qui vous êtes abandonnés à l'ivresse, au sommeil et à l'ignorance de Dieu, devenez sobres, cessez de vous vautrer dans la débauche, ensorcelés que vous êtes par un sommeil animal."

69 Quand ils m'entendirent, ils se joignirent à moi. Et je poursuivis : " O vous, nés de la terre, pourquoi vous livrer à la mort alors que vous avez le pouvoir de participer à l'immortalité ? Repentez-vous, vous qui marchez dans l'erreur et acceptez l'ignorance pour guide. Libérez-vous de la lumière des ténèbres et prenez part à l'immortalité en renonçant pour toujours à la corruption."

70 Quelques-uns se moquèrent de moi et s'en allèrent, car ils se trouvaient sur le chemin de la mort. Mais d'autres, s'agenouillant devant moi, me suppliaient de les instruire. Je les relevai et me fis le guide du genre humain en leur apprenant de quelle manière ils seraient sauvés. Je semai en eux les paroles de la sagesse et ils furent abreuvés de l'eau de l'immortalité.

71 Le soir venu et la lumière du soleil presque disparue, je les invitai à remercier Dieu. Et, après avoir accompli cette action de grâce, tous s'en retournèrent dans leurs foyers.

72 Quant à moi, j'inscrivis en moi-même les bienfaits de Pymandre et, en étant comblé, une joie suprême descendit sur moi. Car le sommeil du corps était devenu lucidité de l'âme ; l'occlusion des yeux, la contemplation véritable ; le silence, une gestation du bien, l'énoncé de la Parole, l'ouvre fructueuse du salut. Tout ceci m'est advenu parce que j'ai reçu de Pymandre, mon Noùs, l'Être qui se
suffit à lui-même, la parole du commencement. C'est ainsi que je suis maintenant rempli du souffle divin de la vérité. Aussi adressai-je, de toutes mes forces et de toute mon âme, cet hymne de louange à Dieu le Père :


73 Saint est Dieu, le Père de toutes choses.
Saint est Dieu, dont la volonté s'accomplit par ses propres puissances.
Saint est Dieu qui veut être connu, et qui est connu de ceux qui lui appartiennent.
Tu es Saint, toi qui, par la Parole as créé tout ce qui existe.
Tu es Saint, toi à l'image de qui la nature universelle a été créée.
Tu es Saint, toi que la nature n'a point formé.
Tu es Saint, toi qui es plus puissant que toutes les puissances.
Tu es Saint, toi qui es supérieur à tout ce qui est.
Tu es Saint, toi qui t'élèves au-dessus de toute louange.
Accepte les pures offrandes que la Parole a suscitées en mon âme et en mon cour tourné vers toi, ô Inexprimable, ô Indicible, dont le silence, seul, peut exprimer le nom. Prête l'oreille à ma prière de ne jamais être séparé de la Gnose, la vraie Connaissance propre à mon être fondamental.
Penche-toi sur moi et remplis-moi de ta force ; par cette grâce, j'apporterai la lumière à ceux de ma race qui sont dans l'ignorance, mes frères, tes fils. Oui, je crois et témoigne par mon sang : je vais vers la Vie et la Lumière.
Sois loué, ô Père, l'homme qui est tien veut se sanctifier avec toi : tu lui en as transmis la puissance.

II Pymandre à Hermès

1 "Fais silence, ô Hermès Trimégiste, et retiens bien ce que je vais t'apprendre. Je te dirai aussitôt ce qui me vient à l'idée."

2 Hermès : " On parle beaucoup de tous côtés de l'univers et de Dieu, mais les opinions se contredisent de sorte que je ne distingue pas la vérité. Veux-tu m'éclairer, ô Maître ? Je ne croirai que ce que tu me révéleras ?"

3 "Apprends donc, mon fils, le rapport entre Dieu et l'univers, c'est-à-dire : Dieu, l'éternité, le monde, le temps et le devenir.

4 Dieu fait l'éternité, l'éternité fait le monde, le monde fait le temps, le temps fait le devenir.

5 L'essence de Dieu est le bien, le beau, la béatitude et la sagesse ; l'essence de l'éternité est l'immuabilité ; l'essence du monde est l'ordre ; l'essence du temps est le changement ; et l'essence du devenir est la vie et la mort.

6 L'Esprit et l'âme sont la force active et révélatrice de Dieu ; la permanence et l'immortalité, telle est l'action de l'éternité ; la dénaturation et le retour à la perfection, telle est l'action du monde, la croissance et la décroissance, telle est l'action du temps ; la propriété, telle est l'action du devenir.

7 Ainsi l'éternité est en Dieu, le monde est dans l'éternité, le temps est dans le monde et le devenir est dans le temps.

8 Tandis que l'éternité repose autour de Dieu, le monde se meut dans l'éternité, le temps s'accomplit dans le monde et le devenir évolue dans le temps.

9 Dieu est donc l'origine de toutes choses ; Son essence est l'éternité et le monde est Sa matière.

10 L'éternité est la force potentielle de Dieu. L'ouvre de l'éternité est le monde, qui n'a pas eu de commencement, mais est en devenir continuel sous l'action de l'éternité. C'est pourquoi rien de ce qui est dans le monde ne périra jamais, car l'éternité est incorruptible, et rien ne sera jamais anéanti parce que l'éternité enveloppe le monde entièrement.

11 "Mais qu'est-ce que la sagesse de Dieu ?"

12 "Elle est le bien, le beau, la béatitude, la vertu totale et l'éternité.

13 L'éternité fait du monde un ordre en pénétrant la matière de permanence et d'immortalité. Le devenir de la matière dépend de l'éternité comme l'éternité elle-même dépend de Dieu.

14 Il y a le devenir et le temps, aussi bien dans le ciel que sur la terre, mais ils sont différents de nature ; dans le ciel, ils sont immuables et impérissables ; sur la terre, ils sont changeants et périssables.

15 Dieu est l'âme de l'éternité ; l'éternité est l'âme du monde, et le ciel est l'âme de la terre.

16 Dieu est dans le Noùs ; le Noùs est dans l'âme ; l'âme est dans la matière et toutes ces choses existent par l'éternité.

17 Ce grand corps, qui englobe tous les corps, est rempli intérieurement, et enveloppé extérieurement, par une âme pénétrée de conscience-esprit, pénétrée de Dieu, une âme vivifiant tout l'univers.

18 Extérieurement, cette vie vaste et parfaite qu'est le monde avec, intérieurement, toutes les créatures vivantes, dure immuablement en haut du ciel, toujours identique à elle-même, tandis qu'en bas sur la terre, elle produit les changements du devenir.

19 L'éternité maintient tout cela, soit parce qu'on nomme le destin, la providence, la nature, soit de quelque façon qu'on le considère maintenant ou dans l'avenir. Celui qui réalise tout cela par son activité, est Dieu, la force active et révélatrice de Dieu.

20 Dieu, dont la force potentielle l'emporte sur tout, et à quoi ne peut se comparer rien d'humain ni de divin.

21 C'est pourquoi, Hermès, ne crois pas que quelque chose d'ici-bas ou d'en haut soit semblable à Dieu, car tu t'écarterais de la vérité : rien, en effet, n'est semblable à l'Incomparable, au Dieu unique de l'universel.

22 Ainsi, ne crois pas non plus qu'Il partage avec quiconque Sa force potentielle ? Qui hormis Dieu, est créateur de la vie, de l'immortalité et du changement.

23 Que pourrait-Il faire d'autre que créer ? Dieu n'est pas inactif, sinon le cosmos entier le serait aussi, car tout est empli de Dieu.

24 Aussi n'existe-t-il nulle part d'inactivité, ni dans le monde ni en quelque être que ce soit. Inactivité est un mot vide, aussi bien en ce qui concerne le créateur qu'en ce qui concerne le créé.
25 Tout doit être créé selon l'influence propre à chaque lieu.

26 Le Créateur vit en toutes ses créatures. Il ne demeure pas dans l'une d'elles séparément, et Il ne crée pas en l'une d'elle seulement, mais Il crée en toutes.

27 Puisqu'Il est une force toujours active, ce n'est pas suffisant pour lui d'avoir créé des êtres : il les prend aussi sous sa garde.

28 Vois par moi le monde qui s'offre à tes yeux et considère en toi-même combien il est beau : un corps pur et incorruptible, intérieurement jeune et robuste, et dont la force ne cesse de croître.

29 Vois aussi les sept mondes fondamentaux, formés selon un ordre éternel et qui, chacun suivant son propre cours, remplissent ensemble l'éternité. Vois la lumière est partout, mais le feu nulle part.

30 Car l'amour ainsi que la fusion des contraires et des dissemblances sont devenus la lumière qui rayonne par la force révélatrice de Dieu, le Créateur de tout bien, Seigneur et prince de l'ordre entier
des sept mondes.

31 Vois la lune, qui court en avant de tous les mondes, instrument de la croissance naturelle, transformant la matière d'ici-bas.

32 Vois la terre au centre de l'univers, établie comme base de ce monde magnifique, nourricière et gardienne de tout ce qui vit sur elle.

33 Remarque l'innombrable multitude des êtres immortels et la grande foule des mortels, et vois la lune décrire son orbite entre mortels et immortels.

34 Tout est plein d'âme, tous les êtres sont mus selon leur propre nature, certains dans le ciel, certains sur la terre. Ceux qui doivent être à droite ne vont pas à gauche ; Ceux qui doivent être à gauche ne vont pas à droite ; ceux qui doivent être en haut ne vont pas en bas ; ceux qui doivent être
en bas ne vont pas en haut.

35 Que tous ces êtres aient été engendrés, je n'ai plus besoin de te le montrer, mon bien-aimé Hermès ; ce sont des corps, ils possèdent une âme et ils sont mus.

36 Tous ces êtres, cependant, ne peuvent former une unité sans quelqu'un qui les assemble. Il faut donc que celui-ci existe ! Et il doit être absolument unique.

37 Car, puisque les mouvements sont différents et multiples, et que les corps aussi sont dissemblables, alors qu'il y a une seule vitesse qui leur est imposée collectivement, il ne peut y avoir deux ou plusieurs créateurs.

38 S'il y en avait plus, l'unité de l'ordre ne serait pas maintenue et la jalousie naîtrait du sujet du plus puissant.

39 Suppose qu'il y ait plusieurs créateurs pour les êtres changeants et mortels, celui-ci serait pris du désir de créé aussi des êtres immortels, et de même le créateur des immortels voudrait créer aussi des êtres mortels.

40 En outre, suppose qu'il y ait deux créateurs, alors qu'il y a d'une part la matière et d'autre part l'âme, auquel des deux attribuer la création ? Et si tous deux y pourvoyaient, qui en aurait la plus grande part ?

41 Sache que tout corps vivant est composé de matière et d'âme, tant l'immortel que le mortel, tant celui qui est pourvu de raison que celui qui en est privé.

42 Tous les corps vivants sont animés. Tout ce qui est sans vie n'est que matière, tandis que l'âme seule cause la vie, demeure entre les mains du Créateur. Le Créateur des immortels est donc aussi le Créateur de la vie ; donc aussi, celui des autres êtres vivants, les mortels.

43 Comment celui qui est immortel et qui crée l'immortalité ne créerait-il pas aussi tout ce qui appartient aux vivants ?

44 Qu'il existe donc quelqu'un qui crée tout cela, c'est clair. Qu'il soit unique, c'est évident, car l'âme est une, la vie est une, la matière est une."

45 " Qui, alors, est le créateur ?"

46 "Qui, sinon le Dieu Unique ! À qui d'autre qu'à Dieu seul revient la création des êtres vivants, animés ? C'est pourquoi Dieu est unique.

47 Il y a vraiment de quoi rire : alors que tu reconnais qu'il y a un seul monde, un seul soleil, une seule lune et une seule nature divine, tu penserais que Dieu est multiple ?

48 Donc c'est Dieu qui crée toutes choses. D'ailleurs, quoi d'étonnant à ce que Dieu crée à la fois la vie, l'âme, l'immortalité et le changement, alors que tu effectues toi-même tant d'actes différents !

49 Car tu vois, tu parles, tu entends, tu perçois les odeurs, tu goûtes, tu tâtes, tu marches, tu penses, tu respires. Ce n'est donc pas un autre qui voit, un autre qui entend, un autre encore qui parle, qui marche, qui pense et qui respire ! C'est un seul être qui fait tout cela.

50 Eh bien, les activités divines ne sont pas non plus séparables de Dieu ; car de même que tu cessais d'accomplir toutes tes activités, de même si Dieu cessait d'accomplir ses activités, il ne serait plus Dieu.

51 S'il est démontré qu'aucun être ne peut exister dans l'inactivité, à plus forte raison Dieu !

52 S'il existait réellement quelque chose que Dieu n'eût pas créé, il serait imparfait. Puisque Dieu
n'est pas inactif mais, au contraire, parfait, ainsi est-Il le Créateur de toutes choses.

53 Si tu m'écoutes encore un peu, ô Hermès, tu comprendras certainement que Dieu n'a pas qu'un seul but : à savoir faire naître tout ce qui est en devenir, tout ce qui est devenu dans le passé, et tout ce qui deviendra dans l'avenir.

54 Telle est la vie, mon bien aimé. C'est cela le beau, c'est cela le bien, c'est cela Dieu.

55 Si tu veux comprendre tout ceci par ta propre expérience, vois ce qui se passe en toi quand tu veux engendrer. Toutefois, quand il s'agit de Dieu, l'acte d'engendrer n'est pas le même : Dieu, à coup sur, n'éprouve aucune joie perceptible et personne ne collabore avec lui.

56 Puisqu'Il agit entièrement seul, Il est toujours immanent dans ses ouvres et Il est lui-même ce qu'Il engendre, aussi bien créateur que création. Car si ses créatures étaient séparées de lui, elles s'effondreraient et périraient inéluctablement parce que la vie s'en serait retirée.

57 Mais puisque tout vit et que la vie est une, Dieu est, certes, unique. D'autre part, puisque tout, dans le ciel comme sur terre, est vivant et que la vie est unique en tout, la vie créée par Dieu est elle-même Dieu ; tout vient à la vie donc par les ouvres de Dieu et la vie est l'union de l'âme et de l'esprit.

58 Quant à la mort, elle n'est pas la destruction des éléments rassemblés, mais la rupture de l'unité.

59 Ainsi l'éternité est l'image de Dieu ; le monde est l'image de l'éternité ; le soleil est l'image du monde et l'homme est l'image du soleil.

60 Quant au changement, l'homme ordinaire l'appelle mort parce que le corps se dissout et que la vie se retire dans l'invisible.


61 Je te déclare, donc, mon bien aimé Hermès, que les êtres qui disparaissent de cette manière sont simplement transformés : chaque jour, une partie du monde passe dans l'invisible, mais nullement
pour être anéantie.

62 C'est en ceci que réside la souffrance du monde : les rotations et les disparitions dans ce que l'on nomme la mort. Car la rotation est révolution, et la disparition est renouvellement.

63 Le monde possède toutes les formes. Il ne les garde pas enfermées en lui-même, mais se transforme dans les formes et par les formes.

64 Donc puisque le monde est créé omniforme, comment alors sera son créateur ? Nous ne pouvons dire qu'il soit sans forme ! Et s'Il était, lui aussi, omniforme, Il serait semblable au monde. Mais s'Il n'avait qu'une seule forme ? Alors Il serait sous ce rapport inférieur au monde !

65 Donc que décider, Car notre conception de Dieu ne peut présenter de lacune !

66 Il n'y a qu'une seule forme propre à Dieu, une seule forme que les yeux corporels ne peuvent percevoir, une forme incorporelle, qui manifeste toutes les formes par les corps.

67 Ne t'étonne pas qu'il puisse exister une forme incorporelle : pense à la parole que tu prononces ! Il en est ainsi des peintures : on y voit les cîmes des montagnes s'élever haut dans le ciel alors qu'en
réalité elles sont lisses et plates.

68 Réfléchis encore plus profondément et complètement à ce que je t'ai dit : de même que l'homme ne peut vivre sans la vie, de même Dieu ne peut vivre sans créer le bien. Tel est en effet la vie et le mouvement de Dieu : accorder à tout le mouvement de la vie.

69 Certaines choses doivent être abordées avec une compréhension particulière, par exemple, ce qui suit :

70 Tout est en Dieu ; non cependant comme en un lieu déterminé, car un lieu est matériel et immobile, et ce qui occupe une place quelque part est sans mouvement ; dans l'incorporel, les choses apparaissent de toute autre façon.

71 En pensant à celui qui renferme tout en soi, comprends avant tout que rien n'est capable de circonscrire l'incorporel, et que rien n'est plus rapide ni plus puissant que lui. Il est l'incirconscrit, le plus rapide et le plus puissant.

72 Réfléchis aussi d'après toi-même ; ordonne à ton âme d'aller aux Indes, et elle y sera plus vite que tu ne l'as ordonné.

73 Ordonne-lui d'aller vers l'océan et elle y sera instantanément, non en voyageant d'un lieu à un autre, mais comme si elle s'y trouvait déjà.

74 Ordonne-lui, même de s'élever jusqu'au ciel ; elle n'aura pas besoin d'ailes pour le faire. Rien ne peut l'en empêcher, ni le feu du soleil, ni l'éther, ni la révolution du ciel, ni les corps des étoiles ; en sillonnant tous les espaces, elle s'élèvera dans son vol jusqu'au dernier corps céleste.

75 Même si tu voulais percer la voûte de l'univers et contempler ce qui est au-delà, si du moins il existe quelque chose au-delà du monde, tu peux.

76 Vois quelle puissance, quelle rapidité tu possèdes ! Et si toi, tu peux tout cela, Dieu ne le pourrait donc pas ?

77 Aussi conçois Dieu ainsi : tout ce qui est, Il le renferme en lui comme étant ses pensées : le monde, lui-même, l'univers.

78 Si tu ne peux t'égaler à Dieu, tu ne peux le comprendre : car seul le semblable comprend le semblable.

79 Croîs jusqu'à être de grandeur immense, dépasse tous les corps élève-toi au-dessus de tous les
temps ; devient l'éternité. Alors tu comprendras Dieu.

80 Pénètre-toi de la pensée que rien ne t'est impossible ; considère-toi comme immortel et capable de tout comprendre, les arts, les sciences, la nature de tout ce qui vit.

81 Monte plus haut que toute hauteur, descends plus bas que toute profondeur.

82 Rassemble en toi les sensations de tout le créé : du feu et de l'eau, du sec et de l'humide, imagine que tu es partout en même temps : sur la terre, dans la mer, dans l'air ; que tu es encore incréé ; que tu es dans le sein maternel ; que tu es adolescent, vieillard ; que tu es mort et au-delà de la mort. Si tu peux embrasser tout cela à la fois dans ta conscience : temps, lieux, événements, qualités et quantités, alors tu comprendras Dieu.

83 Mais si tu gardes ton âme prisonnière dans le corps, si tu l'abaisses en disant : " je ne comprends rien, je ne suis rien, je crains la mer, je ne saurais m'élever jusqu'au ciel, je ne sais pas ce que j'ai été, ni ce que je serai", qu'as-tu à faire alors avec Dieu ?

84 Car tu ne peux rien saisir par la pensée de ce qui est réellement beau bien, tant que tu aimes le corps et que tu es mauvais. Le vice suprême est de ne pas connaître le divin.

85 Mais être capable de connaître le divin, en avoir la volonté et le puissant espoir constitue la voie
directe vers le bien, une voie facile ? Partout, durant ton voyage, tu le reconnaîtras en chemin,
partout il se fera connaître à toi, même là et au moment où tu ne l'attendras point ; soit que tu veilles
ou te reposes, sur l'eau ou la terre, le jour ou la nuit, quoi que tu parles où que tu te taises : car il
n'est rien qu'il ne soit.

86 Diras-tu maintenant : " Dieu est invisible," Qui se révèle plus que Dieu ? Il a tout créé afin que tu le connaisses à travers toutes ses créatures.

87 Le magnifiques, le merveilleux, c'est que Dieu se manifeste à travers toutes ses créatures.

88 Car rien n'est invisible, même parmi les incorporels ; le Noùs, l'Ame-Esprit, se révèle dans la contemplation vivante et Dieu se manifeste dans son activité créatrice.

Tout ceci, ô Trimégiste, je devais te le dévoiler. Considère le reste de la même manière et tu ne t'égareras pas.

III Le grand mal de l'homme est qu'il ne connaît pas Dieu

1 Où courez-vous, ô hommes qui êtes obscurcis parce que vous vous êtes enivrés de paroles vides de Gnose, de paroles d'ignorance totale, que vous ne supportez plus et que déjà vous vomissez ?

2 Arrêtez-vous, devenez lucides : regardez de nouveau avec les yeux du cour ! Et si vous ne le
pouvez pas tous, au moins ceux qui le peuvent. Car le fléau de l'ignorance submerge la terre entière,
met en péril l'âme emprisonnée dans le corps et l'empêche d'entrer dans le havre du salut.

3 Ne vous laissez pas emporter par la violence du courant, mais que ceux qui sont au-dessus de vous et en état d'atteindre le havre du salut utilisent le contre-courant pour y pénétrer.

4 Cherchez celui qui vous prendra par la main et vous guidera vers les portes de la Gnose, d'où rayonne la lumière limpide, où ne règnent nulles ténèbres, où personne n'est ivre, où chacun reste lucide et lève les yeux du cour vers celui qui veut être connu.

5 Mais sachez-le bien : nul ne peut entendre sa voix, prononcer son nom ; les yeux de chair ne peuvent le contempler ; seule l'âme-esprit en est capable.

6 C'est pourquoi, déchirez d'abord le vêtement que vous portez : tissu d'ignorance, cause du fléau, chaîne de corruption, prison ténébreuse, mort vivant, cadavre doté de sens, tombe que vous emportez partout avec vous, voleur qui habite en vous, qui vous montre sa haine par tout ce qu'il
aime et sa jalousie par tout ce qu'il hait.

7 Tel est le funeste vêtement dont vous êtes couvert, ce vêtement qui vous empêche de respirer, vous abaisse et vous identifie à lui, pour que vous ne puissiez jamais plus le voir, et qu'au spectacle de la beauté de la vérité et du bien qu'elle recèle, vous ne puissiez plus haïr ce fléau et découvrir les pièges et les embûches qu'il vous adresse.

8 Car il rend vos sens insensibles, vous enferme dans un amas de matières et vous emplit de délices impies, afin que vous n'entendiez pas ce qu'il faut que vous entendiez et ne voyiez pas ce qu'il faut que vous voyiez.

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